[ SkipToMainMenu ]

Le 28 mars 2018 - Comité des affaires sociales avec la Ministre Ginette Petitpas Taylor

La sénatrice Poirier : Merci encore, madame la ministre. Je vais poser une question concernant l’âge. Je comprends que vous nous avez expliqué que le groupe de travail a recommandé l’âge de 18 ans. Mais je suis aussi au courant, et on entend tous les jours des professionnels de la santé, des experts en santé publique qui ont tendance à favoriser l'âge de 21 ou 25 ans, parce qu’ils disent que la consommation du cannabis peut avoir des effets sur le développement du cerveau de certaines personnes.

Je comprends que vous avez fixé l'âge de consommation à 18 ans, parce que vous dites que les jeunes de cet âge-là fument d’une manière ou d’une autre. J’ai un peu de difficulté à comprendre. Est-ce que la priorité du gouvernement était d’éliminer le marché estimé à 6,2, ou est-ce qu’on n’aurait pas été plus sage en décidant de protéger nos jeunes? En fixant l’âge à 25 ans ou au moins à 21 ans, il me semble qu’on aurait passé le message qu’on écoute les experts qui affirment qu'il s'agit d'un danger. Au lieu de dire qu’on veut simplement l'éliminer du marché noir, est-ce qu’on ne pourrait pas envisager d'éliminer complètement l'accès du cannabis aux jeunes de ce groupe d'âge? Est-ce que la priorité du gouvernement est d’aller chercher les profits du marché noir ou de protéger nos jeunes et leur santé?

Mme Petitpas Taylor : Merci beaucoup, madame la sénatrice, pour votre question. Je dois vous dire que, comme ministre de la Santé, ma priorité est la santé et la sécurité des Canadiens et des Canadiennes. C’est l’objectif très clair depuis le début. Nous proposons le projet de loi C-45 pour légaliser le cannabis, mais aussi pour restreindre l’accès qu'ont les jeunes au cannabis et pour nous assurer d’avoir un produit réglementé.

À ce point-ci, c’est plus facile pour les jeunes d’acheter du cannabis que de l’alcool ou du tabac. Nous voulons faire en sorte de fixer un âge et de mettre fin au marché noir, mais nous devons fixer un âge où les jeunes ne seront pas attirés vers le marché noir.

Finalement, dans le projet de loi que nous proposons, nous avons suivi les recommandations du groupe de travail, qui a fait un travail énorme. Plusieurs groupes de santé ne soutiennent pas l’âge que nous avons choisi, mais il y a aussi beaucoup de groupes qui sont d’accord avec l’âge de 18 ans, l’âge minimum qui a été choisi. La Société canadienne de pédiatrie a dit qu’elle soutenait l’âge minimum de 18 ans. Dans ce projet de loi, nous voulons nous assurer que l'âge de consommation soit comparable à celui d’autres substances, comme l’alcool, puisque nous voulons empêcher les jeunes d’aller vers le marché noir. Nous avons aussi choisi un âge où nous savons qu’il y a déjà des jeunes qui consomment. Nous pensons que l’âge minimum de 18 ans est tout de même une bonne norme, mais les provinces et territoires peuvent aussi l'augmenter à un âge qu’elles choisiront.

Retourner à : C-45 en comité