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Le mercredi 14 mars 2012 - Mme Flora Thibodeau: Félicitations à l'occasion de son cent onzième anniversaire de naissance

Mme Flora Thibodeau

Félicitations à l'occasion de son cent onzième anniversaire de naissance

L'honorable Rose-May Poirier : Honorables sénateurs, le 20 mars 1901, la journée de la plus grosse tempête de l'année, Mme Flora Thibodeau est née à Rodgersville au Nouveau-Brunswick. La semaine prochaine, elle célébrera son 111e anniversaire de naissance.

L'année dernière, j'ai eu le privilège de vous présenter cette femme remarquable, afin de souligner son anniversaire et ses nombreux accomplissements. J'aimerais partager avec vous de l'information additionnelle sur la vie de la personne la plus âgée née au Nouveau- Brunswick, Mme Flora Thibodeau.

[Traduction]

J'ai eu l'honneur de rendre de nouveau visite à Mme Thibodeau il y a quelques semaines. Ce qui reste étonnant, c'est qu'elle vit encore dans sa propre demeure et ne reçoit qu'environ cinq heures de soins à domicile par jour. Elle se déplace à l'aide d'une marchette et suit l'actualité à la radio.

Honorables sénateurs, s'entretenir avec elle, c'est comme entendre un livre d'histoire vivant. Elle se souvient de l'arrivée d'une foule de choses dans nos vies et de nombreux événements importants qui sont survenus au cours des 100 dernières années. Entre autres, elle se rappelle la première automobile passant avec fracas dans les rues de Rogersville, la première toilette, la première baignoire, le premier réfrigérateur, le premier téléphone et le premier téléviseur, sans parler des ordinateurs, du four à micro-ondes et des jeux vidéo. Elle se rappelle également la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et le naufrage du Titanic dans l'Atlantique, et elle m'a raconté la peur des gens du coin lorsque la Première Guerre mondiale a été déclarée. Peu de gens avaient la télé ou la radio et ils ne comprenaient pas ce qui arrivait. Le seul journal était L'Évangéline, qui, à l'époque, ne donnait pas beaucoup de nouvelles en dehors du Nouveau-Brunswick, et bien des gens n'avaient même pas accès aux journaux.

[Français]

Mme Thibodeau est la plus âgée d’une famille de six enfants. Elle avait une sœur, quatre frères et trois demi-sœurs. Mme Thibodeau a eu sept enfants et six sont toujours parmi nous. Ses enfants se trouvent un peu partout au Canada et aux États-Unis. Elle a 17 petits-enfants, 27 arrière-petits-enfants et cinq arrière-arrière-petits- enfants. De plus, il y a environ un mois, une petite fille est née et est ainsi devenue le premier membre de la sixième génération de la famille de Mme Thibodeau.

[Traduction]

Mme Thibodeau se souvient que, lorsqu'elle était enfant, Noël était une fête différente de ce qu'elle est maintenant. Il n'y avait pas de sapin de Noël, mais tous les enfants accrochaient un bas à la porte de leur chambre. Le matin, les enfants étaient remplis de joie en découvrant une orange dans leur bas, car c'était la seule qu'ils allaient pouvoir manger pendant toute une année. Elle se souvient aussi que sa mère leur faisait une gâterie spéciale, soit du caramel à la mélasse.

Jeune fille, Mme Thibodeau a fréquenté l'école de Rogersville jusqu'en neuvième année, soit le niveau de scolarité le plus élevé offert à l'époque. Elle est ensuite allée suivre une formation de six mois à Fredericton afin d'obtenir un brevet de catégorie III lui permettant d'enseigner à des classes allant jusqu'à la huitième année. Elle a été enseignante de 18 à 24 ans.

En 1927, elle s'est mariée et a abandonné l'enseignement. Avec son mari, un agent de police provincial, elle a habité à Caraquet pendant un certain temps. Lorsque son mari a perdu son emploi, pour des raisons inconnues, elle est retournée avec lui à Rogersville, où ensemble ils ont ouvert une épicerie dans leur maison. Quelques années plus tard, son mari est décédé à 41 ans. À cette époque, elle avait sept enfants, âgés de un à 13 ans.

Quand son mari est décédé, Mme Thibodeau a fermé l'épicerie et l'a remplacée plus tard par une boutique de vêtements usagés. Au début, elle a subvenu aux besoins de sa famille en exploitant une petite ferme, qui se composait d'une vache, d'un cheval et de quelques poules. Elle vendait du beurre qu'elle fabriquait elle-même et touchait une pension de 5 $ par mois par enfant, ce qui, à l'époque, était une grosse somme d'argent selon elle.

Plus tard, Mme Thibodeau est devenue la première femme à gérer la caisse populaire locale. Il fallait alors débourser 25 cents pour être membre, et la caisse ne prêtait jamais plus de 100 $ à une personne. Elle a aussi été téléphoniste et a travaillé à la coopérative locale...

[Français]

Son Honneur le Président : À l'ordre. J'aimerais informer l'honorable sénateur que son temps de parole est écoulé.

[Traduction]

Le sénateur Poirier : Je souhaite reprendre le récit demain.

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