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Le mercredi 3 octobre 2018 - Le monastère de Notre-Dame du Calvaire

Le monastère de Notre-Dame du Calvaire

L’honorable Rose-May Poirier : Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour vous faire connaître un fragment peu connu de l’histoire de ma région, le comté de Kent, au Nouveau-Brunswick. À environ 40 kilomètres de mon domicile, à Saint-Louis de Kent, se trouve la localité de Rogersville. Ce village de 1 166 habitants est connu pour sa piété. On y trouve d’ailleurs différents groupes et institutions bien présents dans la vie des gens. L’un de ces groupes est le monastère trappiste de Notre-Dame du Calvaire.

Tout a commencé en 1902, lorsque Mgr François Richard a rêvé qu’il rapatriait des moines de la France, où ils étaient considérés comme des indésirables, et qu'il les a fait venir dans la paroisse de Saint-François-de-Sale, à Rogersville. Six moines sont arrivés par une froide nuit de novembre pour prendre possession d’une vieille ferme et de quelques dépendances qui leur ont été cédées par Mgr Richard. Depuis ces humbles débuts, grâce au travail acharné des six premiers moines et de ceux qui se sont joints à eux au cours des 115 dernières années, le monastère s’est développé et a prospéré.

Au fil des ans, les moines y ont exploité une porcherie, une scierie, un moulin, une fabrique de blocs de béton, une buanderie, un bureau de poste, une auberge et un imposant poulailler.

Les moines de Rogersville avaient le sens de l’innovation et savaient s’adapter, mais pour survivre un monastère doit pouvoir subvenir à ses propres besoins financiers. Pendant la deuxième moitié du XXe siècle, l’agriculture — et plus particulièrement la production laitière et aviaire — constituera la principale source de revenus de Notre-Dame du Calvaire. Les moines ont toutefois dû se défaire de leurs vaches laitières, car ils se faisaient vieux, la relève n’était pas au rendez-vous et c’était ce qui exigeait le plus de travail de leur part et leur coûtait le plus cher.

Honorables sénateurs, si Notre-Dame du Calvaire a pu conserver sa ferme laitière aussi longtemps, c’est grâce au labeur et au dévouement du frère Stephen Hewett. Originaire du Cap-Breton, le frère Hewett est arrivé à l’abbaye il y a 35 ans. Il avait alors 24 ans. Comme il le raconte lui-même, il faisait de l’autostop ce jour-là sur la piste Cabot, et la première voiture qui a passé s’est arrêtée pour le faire monter. Six heures plus tard, il était à l’abbaye de Rogersville. Cette expédition en voiture a changé sa vie, mais aussi celle du monastère, où il habite depuis ce jour.

De nombreux obstacles se dressent sur le chemin des moines de Notre-Dame du Calvaire, mais je tiens à saluer leur énergie au travail, leur dévotion et leur vie de solitude, de prière et de travaux manuels. Je souligne particulièrement leur attachement à la magnifique localité de Rogersville.

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